Je ne sais pas faire des bulles avec mon chewing-gum.
Rien, nada. Pourtant, on a bien tenté de me l’expliquer des centaines de fois (souvent après m’être fait gentiment déprécier par un méprisant « Quuuuooooi ? Tu ne sais pas faire des bulles de chwingueuuu ? Mais bordel, même un gosse de 4 ans y arrive ! »).
Du coup, j’en suis arrivé à détester le chewing-gum.
Pourtant, quoi de plus populaire de cette sympathique machouillerie, cette glamour boule de gomme vendue par pack de 100 dans tous les supermarchés du pays ?
Du coup, l’autre jour, je me suis posé quelques minutes devant le rayon Freedent et autre Hollywood.
J’en ai raflé quelques paquets, juste pour voir. Et surtout pour goûter ce bidule dont j’avais oublié jusqu’à la texture.
Rien à faire. No way. Il faudra un jour le reconnaître : les chewing-gums que l’on trouve en France ne sont vraiment, mais alors vraiment pas bons. Aucune longueur en bouche, aucune structure (même les machins bigout avec le coulis de truc dedans), aucun confort de mâche. Même le bruit du squish-squish n’est pas très sexy (il y a bien des ingénieurs payés par l’industrie automobile pour que les portes qui claquent fassent un bruit « rassurant ». Alors pourquoi pas chez les chewing-gumieux ? ). Pas ça qui va me donner envie de faire des bulles.
Au hasard d’un papotage, il y a quelques semaines, avec ce bon vieux Ben Mathis-Lilley, chroniqueur secoué du NYM, je lui posais la cruciale question suivante : « sont bons les chewing-gums à New York ? ». À quoi il me répondit : «j’en sais foutre rien. Par contre, ce que je sais, c’est que ça va me faire un article d’enfer ». Tu m’étonnes.
Journaliste franchement hors normes, Ben a donc eu l’idée suivante : demander à un grand chef (en l’occurrence Wylie Dufresne – killer des gélifiants et des enzymes en tout genre) et à son pâtissier (Alex Stupak, 27 ans et déjà blockbuster de la ganache puisque ayant permis au resto Alinea – Chicago – de devenir le number one des restos américains en 2006, selon le mag Gourmet) de tester tous les chewing-gums du moment et de les noter.
Voici leur palmarès :
CATEGORIE MENTHE :
The winner is…. Wrigley’s Spearmint, qui obtient la note de 8,4 sur 10.
Ses plus : son packaging old school et sa texture old school, propre à la nostalgie, son uniformité de goût presque parfaite, sa consistance de mâche parfaite, sa saveur honnête d’huile essentielle de menthe, très adaptée aux ballades venteuses d’automne.
Suivent : le Orbit Sweet Mint (7,7/10) et le Wrigley’s Doublemint (6,5/10).
Au rayon désastre : le Glee Gum (trop petit et bizarrement croquant), Trident Original (qui a des goûts de savon) et le Tasters felt Dentyne Ice (trop sucré).
CATEGORIE FRUITS
The winner is… Adams Sour Cherry (7.5/10).
Ses plus : un assemblage d’huiles essentielles de fruits très moderne et un équilibre parfait entre le niveau de sucre et l'acidité.
Suivent : le Icebreakers Ice Cubes Raspberry Sorbet (6.5/10) – superbe refroidissement en bouche et authentique goût de sucre de canne - et le Juicy Fruit’s (5.6).
Au rayon désastre : Orbit Lemon-Lime (au gout trop fort d’édulcorant – du Xylitol – et à la longueur en bouche vraiment courte – 7 mn contre 19 pour la plupart des autres).
ENFIN POUR LA CATEGORIE BUBBLEGUM :
The winner is… Original Bazooka (6,6/10).
Ses plus : sa saveur « classique », son intéressante texture caoutchouteuse et ses bulles épaisses.
Suivent : le Hubba Bubba Max Cherry Lemonade (5.6) pour ses bulles vigoureuses et sa douce acidité qui monte crescendo.
Au rayon désastre : Bubble Tape (farineux limite poussiéreux à la texture proche de la gomme à effacer) et le Big League Chew (plus proche de la chique de tabac que du chewing-gum).
Cadeau Bonus Tracks (MP3) :
Posted by Albert Londres Crew //// / / Pics by Levi Brown













