Sacrifice de poulets
Londres, Tokyo, New York, Bangkok, on mesure indubitablement le rayonnement d’une ville à ses enseignes de prestiges : Wendy's, Burger King, Dunkin' Donuts...
Lyon, qui se la joue un peu avec ses étoiles au Michelin, semble un peu patauger dans la cervelle de canut quand il s’agit de junk food (en demeurant, tout de même, dans le fromage de tête quand il s’agit de calories, on n’est pas numéro un dans la triperie pour rien). Mais réjouissons-nous plutôt d’accorder si peu d’importance aux symboles de l’impérialisme malgré le score sans équivoque aux présidentiels de notre pourfendeur d’OGM national, ex taulard sympa et ennemi du maïs transgénique.
Et pourtant, dans l’une des capitales du cochon, on s’apprête à fêter le poulet. On raconte qu’un Kentucky Fried Chicken, KFC pour les non initiés, s’apprête à déballer huile et panure au pied d’un de nos établissements universitaires. Cette immense chaîne, créée par feu le Colonel Sanders, figure de proue de l’enseigne et sorte de colonel Trautman de la restauration rapide, propose, depuis bientôt 70 ans, une recette déclinable à l’infini : le poulet frit. Comprendre par « infini » la déclinaison d’assaisonnement qui va d’épicé à mortellement épicé. Ce qui promet de belles visites chez votre gastro-entérologue.
Mais au-delà du transite, KFC brille pour sa fameuse recette secrète aux 11 aromates et le massacre annuel de 850 millions de volailles - Ce qui ne veut pas dire grand-chose finalement quand on le compare à l’anéantissement de la race bovine ou au désarroi d’une truie habitant la région. Depuis 2003, la PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), qui décidément digère bien mal les épices, appelle au boycotte de l’enseigne et dénonce les sévices portés aux poulets. Leur dernier communiqué nous apprend que « les fournisseurs de KFC leurs cassent les cuisses, leur tranchent la gorge et versent de l'eau bouillante sur eux alors qu'ils sont pleinement conscients ». Quand chacun sait qu’il vaut mieux les faire boire avant de leur casser leur petites pates, une technique approuvée et éprouvée par la légion étrangère et le 11e bataillon des tirailleurs du Pô. Lors de cette opération, la PETA a reçu le soutien du Daïlaï Lama, de Paul McCartney et de Pamela Anderson. Pour répondre à cette levée de people, KFC décide de s’attirer les faveurs du souverain pontife en lui demandant de bénir son nouveau sandwich au poisson à 99 cents.
Mais ce n’est finalement pas tout à fait Lyon qui devrait bénéficier du rayonnement d’une telle enseigne qui mêle si subtilement mutilation et marketing. C’est à Bron, jonchant le campus Porte des Alpes, que KFC a décidé de déposer ses friteuses sur les vestiges d’un autre géant de la junk-food : Pizza Hut. C’est donc tout averti que les kids de l’Université Lumière Lyon 2 s’apprêtent à accueillir les produits du Colonel Sanders. Célèbres également pour être les plats les plus demandés pour le dernier repas des condamnés à mort outre-Atlantique, idéal donc avant un examen.
Traxs digestifs :
Jacques (gainsbourg) Higelin - Crocodaïl
Sexual Earthquakes In Kobe - Love With
Posted by Mickael Draï, but on the rocks / / // / pics : thecobrasnake.com & DR.


















